Les effets positifs et négatifs de la musique : que dit la science ?

Article modifié le 14 Août 2026 à 8h43

Temps de lecture complet : 10 min

La musique nous accompagne presque partout : pour nous détendre, travailler, faire du sport, nous concentrer ou simplement nous faire plaisir. Tout au long de la vie, la musique interagit ainsi avec notre cerveau, nos émotions et notre comportement.

Mais quels sont réellement les effets positifs et négatifs de la musique ?

La recherche montre que la musique peut influencer l’humeur, le stress, le sommeil, la perception de l’effort et certaines fonctions cognitives. Elle peut également être utilisée comme intervention complémentaire dans différents contextes médicaux.

Mais la musique n’a pas que des effets positifs. Une exposition sonore trop forte, trop longue ou répétée peut augmenter le risque de fatigue auditive, d’acouphènes et de perte auditive. Selon la tâche et la personne, une musique trop stimulante ou avec des paroles peut également perturber la concentration.

Les effets de la musique varient toutefois considérablement selon le volume, la durée d’écoute, le type de musique, les préférences de chacun, l’état émotionnel et l’activité réalisée. Il n’existe donc pas de réaction universelle.

À noter : tous les effets étudiés ne reposent pas sur le même niveau de preuve. Certains sont bien documentés, tandis que d’autres dépendent davantage du contexte ou restent encore discutés.

Alors, que sait réellement la recherche scientifique sur les effets positifs et négatifs de la musique ? Faisons le point.

🔎 A retenir

  • Cerveau et apprentissage : La musique mobilise de nombreux réseaux cérébraux et peut soutenir certaines formes de mémoire, d’apprentissage et de créativité. En revanche, une écoute avec des paroles pendant certaines tâches ou dans un environnement sonore trop stimulant peut distraire et réduire les performances cognitives selon la tâche et la personne.
  • Santé auditive et émotionnelle : Elle peut contribuer à réduire le stress, l’anxiété et à améliorer l’humeur chez certaines personnes et dans certains contextes. En revanche, un volume élevé ou une exposition prolongée augmente le risque de fatigue auditive, d’acouphènes et de perte auditive irréversible.
  • Utiliser des protections auditives adaptées permet de préserver son audition tout en continuant à profiter de la musique tout au long de sa vie.
  • Santé et thérapie : La musique et la musicothérapie peuvent constituer des interventions complémentaires dans différents contextes, notamment pour le stress, l’anxiété, la douleur ou certains troubles neurologiques. Ces approches ne remplacent cependant pas les traitements médicaux prescrits.
  • Social et motivation : La pratique musicale collective peut favoriser la coopération, les interactions sociales et le sentiment d’appartenance. La musique peut également influencer les émotions et certains comportements, selon le contexte.

Effets de la musique sur le cerveau et le comportement humain.

  1. Quels sont les effets de la musique sur le cerveau humain ?
  2. Quels sont les effets négatifs de la musique ?
    1. La musique peut-elle nuire à la concentration et à la performance au travail ?
    2. Quels sont les risques d’une écoute de musique à volume élevé ou prolongée ?
    3. La musique peut-elle influencer négativement l’humeur et la dépression ?
    4. La musique peut-elle influencer le choix des aliments ?
    5. La musique compressée peut-elle fatiguer l’audition ?
    6. La musique peut-elle favoriser une forme de dépendance ?
    7. Est-ce que la musique a une influence sur ma consommation de substances ?
  3. Quels sont les effets positifs de la musique ?
    1. La musique peut-elle améliorer la mémoire et l’apprentissage ?
    2. La musique peut-elle améliorer les performances en mathématiques ?
    3. Quels sont les effets de la musique chez les personnes malades ?
    4. La musique peut-elle avoir des effets thérapeutiques ?
    5. La musique peut-elle stimuler la créativité ?
    6. La musique peut-elle réduire l’anxiété, la dépression et améliorer l’humeur ?
    7. La musique peut-elle améliorer le sommeil et favoriser la relaxation ?
    8. Quels sont les effets de la musique pendant le sport ?
    9. La musique peut-elle favoriser la coopération et les relations sociales ?
    10. Pourquoi la musique provoque-t-elle parfois des frissons ?
    11. La musique peut-elle améliorer le bien-être ?
    12. La musique peut-elle renforcer l’amitié et le sentiment d’appartenance ?
  4. Comment utiliser la musique au quotidien ?
  5. En bref

Les interactions entre le cerveau et les sons commencent très tôt dans la vie. Dès le deuxième trimestre de la grossesse, le fœtus commence à percevoir certains sons, notamment les voix et les sons provenant de son environnement.

À la naissance, le nouveau-né peut déjà reconnaître la voix de sa mère et certains sons entendus pendant la grossesse1.

Dessin d'un foetus écoutant la musique dans le ventre de sa mère

Le développement des capacités auditives et rythmiques se poursuit ensuite durant l’enfance. Dès 3 ans et 6 mois, l’enfant peut notamment adapter son rythme de frappe en fonction de stimulations extérieures2. Cette capacité illustre la manière dont le cerveau apprend progressivement à traiter et à synchroniser des informations auditives et motrices.

Tout au long de la vie, l’écoute musicale sollicite ainsi de nombreux réseaux cérébraux. Elle mobilise notamment les régions impliquées dans l’audition, l’attention, la mémoire, les émotions et le mouvement.

L’étude de Liila Taruffi et al.3 suggère que la musique triste et la musique joyeuse peuvent influencer l’errance mentale ainsi que son fonctionnement dans le cerveau. L’errance mentale correspond au fait que l’esprit se détourne de la musique pour produire des pensées spontanées, souvent liées à des souvenirs, à des relations sociales ou à des projets personnels.

Cet état de rêverie est fréquent chez l’être humain et peut expliquer pourquoi la musique mélancolique peut parfois être perçue comme agréable.

Symbolisation de l'errance mentale par un garçon fermant les yeux et entouré des nuages

La musique peut-elle favoriser l’errance mentale ?

L’errance mentale est associée à des effets positifs, comme la créativité ou la capacité à différer une récompense4,5, mais aussi à des effets négatifs, tels que la distraction et la baisse de performance.

Ces effets dépendent toutefois fortement du contexte et de la tâche réalisée : l’errance mentale peut favoriser certains processus créatifs, mais elle peut aussi réduire les performances lorsqu’une attention soutenue est nécessaire.
Elle implique notamment un réseau cérébral actif au repos, appelé réseau en mode par défaut6,7.

Cependant, malgré de nombreuses recherches sur l’errance mentale et les émotions musicales8,9, il n’existe pas encore de consensus clair sur la capacité de la musique triste ou joyeuse à moduler directement l’errance mentale.

Les 3 expériences de Liila Taruffi ont montré une activation plus importante du réseau cérébral en mode par défaut lors de l’écoute de musique triste que lors de l’écoute de musique joyeuse.

Dans ces expériences, la musique triste était également associée à une attention tournée vers soi et ses pensées, et la musique lente était associée à une errance mentale plus importante.

Ces résultats suggèrent que la musique triste, souvent perçue comme mélancolique mais agréable, est associée à une forme d’errance mentale différente de celle liée à un état négatif quotidien (comme la dépression).

Ils montrent aussi que la musique triste ou joyeuse génère surtout des images mentales plutôt que des mots. Cette constatation concorde avec les résultats d’études antérieures10,11 qui ont rapporté des activations dans le cortex visuel primaire pendant l’écoute musicale et avec la prédominance de l’imagerie mentale visuelle pendant l’état de repos12,13.

Pendant la musique joyeuse, au contraire, les auditeurs se concentrent davantage sur la musique elle-même et montrent des niveaux réduits d’errance mentale.

Ainsi, la musique peut s’accompagner de processus mentaux différents selon sa tonalité émotionnelle.

Si le volume sonore de la musique est trop élevé, elle peut perturber la pensée créative, en donnant au cerveau trop d’informations à traiter.

Homme au travail qui n'en peut plus et se bouche les oreilles illustrant un effet de la musique sur la santé

Les chansons connues peuvent pousser à fredonner ou à suivre le rythme, ce qui peut détourner l’attention et laisser moins de ressources disponibles pour le travail14.

De plus, l’effet de la musique de fond sur l’attention peut dépendre du fait qu’on l’apprécie ou non, mais aussi de la tâche réalisée.

Les effets de la musique de fond dépendent toutefois de plusieurs facteurs, notamment de la nature de la tâche, du volume sonore, du type de musique et des préférences de la personne.

La musique avec paroles peut être particulièrement distrayante pour les tâches demandant de la concentration. À l’inverse, la musique instrumentale, écoutée à volume modéré, peut parfois favoriser la concentration, notamment lorsque la tâche ne demande pas de traiter des informations verbales concurrentes.

L’écoute prolongée de musique à volume élevé (casques, smartphones) peut endommager les cellules ciliées de l’oreille interne, qui peuvent être détruites de façon définitive15.

Et malheureusement, ces cellules endommagées par une exposition sonore excessive ne se régénèrent pas spontanément chez l’être humain.

Si vous voulez vérifier que vos oreilles vont bien malgré une exposition fréquente à la musique, un test auditif gratuit vous permettra d’évaluer votre audition et d’agir en conséquence.

Illustration du bruit avec un chasseur, un guitariste et des amis dans un bar à cocktails

Même à volume modéré, une exposition longue peut entraîner une fatigue auditive temporaire. Quant au risque de lésion, il dépend notamment du niveau sonore, de la durée et de la répétition de l’exposition.

Des études montrent que l’exposition récréative à des niveaux sonores élevés, en particulier lors de concerts ou avec des écouteurs, peut affecter temporairement certaines fonctions auditives chez les adolescents et les jeunes adultes16. Ces résultats soulignent l’importance de la prévention.

Une exposition excessive peut également être associée à l’apparition d’acouphènes et à des modifications temporaires de certaines fonctions auditives.

Le saviez-vous ?

Il existe des solutions simples pour limiter les risques liés à l’écoute de musique : volume modéré, pauses régulières et protections auditives adaptées, notamment lors des concerts et festivals.

La règle des 60/60 peut servir de repère pratique : environ 60 % du volume maximal et une pause après 60 minutes d’écoute. Cette règle ne garantit pas une exposition sans risque, car le niveau sonore réellement délivré à l’oreille varie selon les appareils et les écouteurs. Elle constitue néanmoins un moyen simple de limiter son exposition.

L’absence de douleur ne signifie pas nécessairement que l’exposition est sans risque. Une sensation d’oreilles bouchées, des sifflements ou des acouphènes après une écoute peuvent notamment être des signes indiquant qu’il est temps de réduire l’exposition sonore et de laisser récupérer ses oreilles.

Que l’on soit musicien, professionnel de la musique ou simple passionné, les besoins ne sont pas toujours les mêmes. Les In-Ear Monitor sur mesure sont destinés à l’écoute et au monitoring, tandis que les protections auditives musicales permettent de réduire l’exposition sonore tout en conservant une perception naturelle de la musique.

Découvrir les protections auditives pour la musique
Découvrir les IEM sur mesure

Enfin, un bilan auditif gratuit peut permettre de vérifier l’état de son audition et d’agir en prévention.

La musique accompagne souvent notre humeur du moment : on écoute plutôt des morceaux joyeux quand on est heureux, et des musiques tristes lorsqu’on ne l’est pas. Pourtant, lorsqu’on est triste, certaines personnes peuvent trouver bénéfique d’écouter une musique plus entraînante ou associée à des émotions positives.

Mais il n’existe pas de règle universelle : l’effet dépend notamment de la personne, de son état émotionnel et de la manière dont elle utilise la musique.

Jeune femme qui se prend la tête entre les mains et paraît dépressive suite à certaines musiques

Si elle peut soulager, la musique peut aussi parfois augmenter le stress et l’anxiété chez certaines personnes.

Chez certaines personnes présentant des symptômes dépressifs, l’utilisation de la musique peut être associée à la rumination, à l’évitement ou à une intensification des émotions négatives17.

Certaines études montrent aussi que les personnes dépressives utilisent parfois la musique dans une « rumination de groupe », ce qui peut renforcer les pensées et émotions négatives18.

Le contenu des chansons joue également un rôle : des paroles violentes, sexualisées ou négatives peuvent être associées à certaines émotions, pensées, attitudes et certains comportements à court terme19,20.

Cela ne signifie pas qu’un type de musique rend automatiquement une personne violente ou négative.

Cela paraît fou, mais une étude américaine21 a montré que l’intensité de la musique d’ambiance pouvait influencer les choix alimentaires au restaurant.

Une musique plus forte était notamment associée à une proportion plus élevée de plats plus gras.

Et lorsque la musique diffusée était douce, les choix alimentaires semblaient davantage orientés vers des options plus saines dans cette étude.

Milieu de table représentant un repas riche avec ambiance festive illustrant l'impact de la musique de restaurant sur la consommation

Les auteurs proposent notamment que le niveau sonore puisse modifier l’état d’activation ou les choix alimentaires, mais cette interprétation ne permet pas d’établir avec certitude un mécanisme unique expliquant ces résultats.

Les sons compressés, présents dans les MP3, la télévision, les jouets musicaux ou les appels téléphoniques, sont aujourd’hui très répandus.

Une étude menée chez 90 cochons d’Inde exposés pendant 4 heures à de la musique compressée à 102 dB(A) a montré, pendant quelques jours, une diminution du réflexe protecteur des muscles de l’oreille moyenne22.

Par ailleurs, les auteurs mentionnent des plaintes d’utilisateurs concernant la disparition des pauses, même très brèves, dans les sons fortement compressés, notamment lors de visioconférences.

Cette étude montre qu’une exposition intense à une musique fortement compressée peut modifier certains mécanismes auditifs chez l’animal, sans permettre de conclure aux mêmes effets chez l’être humain.

Les effets spécifiques de la compression audio sur l’audition humaine restent encore mal documentés. La compression audio n’est pas, à ce jour, considérée comme une cause établie de perte auditive chez l’être humain. Le principal risque reste l’exposition à un niveau sonore trop élevé, trop longtemps ou de manière répétée.

Femme au travail fatiguée qui se prend la tête d'une main suite longue visioconférence et le son compressé

Pour aller plus loin : si vous souhaitez limiter les risques

En pratique, le niveau sonore, la durée et la répétition de l’exposition restent les principaux facteurs à maîtriser pour protéger son audition.

Si vous souhaitez, tout de même, limiter votre exposition aux sons fortement compressés, vous pouvez privilégier des enregistrements présentant davantage de dynamique, réduire le volume lorsque le son paraît agressif ou fatigant et faire régulièrement des pauses.

Les formats Hi-Res, DSD, SACD ou vinyle peuvent être recherchés pour leur qualité ou leur préférence d’écoute, mais ils ne constituent pas une protection auditive.

En fonction de votre usage, plusieurs solutions peuvent aider à mieux gérer son exposition sonore ou à améliorer son confort d’écoute :

Protection auditive musicale sur mesure : elle réduit l’exposition sonore tout en conservant une perception naturelle de la musique.

IEM sur mesure : ils permettent une écoute précise et stable, notamment pour le monitoring, sans devoir augmenter inutilement le niveau sonore.

La musique peut occuper une place importante dans notre quotidien, mais une écoute très importante peut parfois se faire au détriment d’autres activités, comme le sommeil, l’activité physique, les interactions sociales ou les loisirs.

Aujourd’hui, la musique est souvent consommée à travers des écrans : vidéos, réseaux sociaux, plateformes de streaming ou télévision. Elle peut ainsi s’intégrer au temps passé devant les écrans, même si écouter de la musique ne signifie pas nécessairement être devant un écran.

Une étude menée en Suisse auprès de plus de 4 000 parents d’enfants âgés de 0 à 5 ans montre que l’écoute de musique fait partie des activités numériques les plus fréquentes, avec 23,4 minutes par jour en moyenne. L’étude souligne également qu’une grande partie de l’utilisation des médias numériques se fait sans écran, notamment pour écouter de la musique ou des histoires audio23a.

Homme dépendant et absorbé par son casque de réalité virtuelle sur son canapé

Une analyse de 27 études a montré qu’un temps d’écran excessif chez l’enfant est associé à des effets négatifs sur le développement de l’attention, le langage, la mémoire, la motricité, le sommeil, l’activité physique ainsi qu’à des difficultés sociales et émotionnelles23b.

Cette étude porte toutefois sur le temps d’écran en général et ne permet pas d’attribuer ces effets à la musique elle-même.

La musique n’est par ailleurs pas considérée comme une addiction comportementale reconnue au sens d’un trouble mental reconnu. Certaines personnes peuvent toutefois développer une habitude d’écoute très importante ou difficile à contrôler, notamment lorsque celle-ci s’intègre dans un usage prolongé des écrans.

Il est donc important de distinguer l’écoute excessive de musique du temps d’écran excessif. Comme pour toute activité, l’écoute de la musique reste bénéfique lorsqu’elle conserve une place équilibrée dans la vie quotidienne.

Selon une étude de 201524, 43 % des 143 participants recevant un traitement pour un trouble lié à la consommation de substances ont associé un type de musique spécifique à un plus grand désir de les consommer.

Chez certaines personnes suivies pour un trouble lié à la consommation d’alcool ou d’ecstasy, la musique peut être associée à des souvenirs de consommation ou à une augmentation du désir de consommer. Elle peut également être associée à des expériences positives liées à la consommation.

Main tenant des médicaments suite à l'écoute de certaines musiques

Dans le même temps, la plupart des participants à l’étude ont également déclaré que la musique avait joué un rôle important dans leur rétablissement.

Le saviez-vous ?

Si vous vous sentez attiré par un type de musique spécifique qui déclenche également un désir de consommer des substances problématiques pour votre santé, envisagez d’examiner de plus près ce lien et si besoin recherchez de l’aide auprès d’un professionnel de santé (ex : psychologue expert en TCC, séances de musicothérapie, etc.)

Il est important de noter que ces effets négatifs ne concernent pas tout le monde, et que la musique peut au contraire avoir de nombreux effets positifs sur le cerveau et les émotions.

Certaines chansons peuvent raviver des souvenirs marquants, comme votre premier amour ou l’insouciance d’une scène de vacances, mais aussi des événements plus douloureux, pouvant provoquer de la tristesse ou de la mélancolie.

N’avez-vous jamais eu des souvenirs qui revenaient au moment d’écouter certaines chansons particulières ?

La musique mobilise de nombreux réseaux cérébraux, notamment ceux impliqués dans l’émotion, le mouvement et la mémoire.

Certaines recherches suggèrent que la musique peut déclencher des souvenirs autobiographiques particulièrement vivaces et émotionnels, parfois avec davantage de détails ou une émotion plus intense que les photos par exemple.

Partage de souvenirs à travers des photos de famille - presque aussi puissant que certaines musiques

D’après une étude réalisée en 2003 par des chercheurs de Hong-Kong25a, les jeunes ayant suivi une formation musicale présentaient une meilleure mémoire verbale que ceux ne l’ayant pas suivi, et ce d’autant plus que leur formation aurait été longue.

Cette étude montre une association entre formation musicale et mémoire verbale, sans prouver que la musique en est directement responsable.

Certaines études montrent des différences de structure et de fonctionnement de l’hippocampe chez les personnes ayant une pratique musicale importante. Chez les musiciens, une densité plus élevée de matière grise dans l’hippocampe a notamment été observée25b.

Certaines études longitudinales suggèrent également des modifications du volume de matière grise de cette région au cours de la pratique musicale25c. Ces résultats suggèrent une certaine plasticité de l’hippocampe liée à la pratique musicale. Ils ne permettent toutefois pas d’affirmer que la musique prévient la maladie d’Alzheimer.

L’entraînement musical pourrait ainsi moduler la synchronisation corticale des réseaux neuronaux impliqués dans la formation de la mémoire verbale26.

La musique est aussi utilisée dans l’apprentissage, notamment chez les enfants qui apprennent en chantant, car elle mobilise simultanément la mémoire, l’attention, la motricité et les émotions, la multisensorialité peut favoriser la mémorisation dans certaines situations.

En revanche, écouter de la musique pendant une tâche d’étude a des effets variables selon les individus : cela peut être bénéfique, neutre ou négatif27, ce qui explique les différences de préférence entre étudiants.

Une méta-analyse de 55 études, menées entre 1975 et 2022 auprès de 78 000 jeunes de la maternelle jusqu’aux étudiants d’université28 du monde entier, suggère que les interventions musicales peuvent améliorer certaines performances en mathématiques, avec des effets particulièrement marqués en arithmétique.

Ces résultats ne signifient pas qu’écouter de la musique en faisant vos devoirs améliorera automatiquement vos résultats en arithmétique.

Les effets semblent plus importants chez les élèves plus jeunes et ceux qui apprennent des concepts mathématiques plus basiques.

Boulier représentant l'apprentissage de l'arithmétique favorisé par la musique

Certaines interventions musicales semblent également bénéfiques chez certains enfants présentant des difficultés d’attention ou une hyperactivité, notamment dans certaines tâches mathématiques28.

La musique est utilisée comme soutien thérapeutique, notamment chez les personnes atteintes de troubles de la mémoire comme la maladie d’Alzheimer.

Nombre d’études mettent en évidence les bénéfices des ateliers musicaux, qui peuvent contribuer à réduire l’anxiété et les symptômes dépressifs, ainsi qu’à améliorer l’humeur et certains aspects de la communication.

La musique mobilise plusieurs réseaux cérébraux impliqués notamment dans l’audition, la mémoire, les émotions et le mouvement. Certains mécanismes neurobiologiques, notamment ceux impliquant les systèmes de récompense et la dopamine, pourraient contribuer à ces effets.

Même si elle ne guérit pas, elle peut soutenir certaines capacités cognitives et de communication qui restent relativement préservées29a.

Certaines études montrent notamment que des personnes atteintes de démence peuvent encore apprendre ou reconnaître de nouvelles mélodies après des répétitions, même lorsque d’autres capacités cognitives sont altérées29b.

La musique, notamment lorsqu’elle est familière, peut également favoriser les échanges et soutenir certaines fonctions de communication chez les personnes atteintes de troubles cognitifs. Elle peut ainsi encourager la prise de parole et soutenir les fonctions langagières.

Deux personnes âgées occupées à faire un puzzle pour leur mémoire avec une musique enjouée

La musique est aussi utilisée dans d’autres contextes thérapeutiques, notamment pour réduire l’anxiété chez certains patients atteints de cancer, soutenir les fonctions cognitives chez les seniors et comme complément thérapeutique chez les personnes atteintes de Parkinson30,51.

Elle peut également soutenir certaines compétences en lecture chez des enfants dyslexiques et faciliter la rééducation du langage après un AVC31.

  • « L’effet Mozart »32 dans l’épilepsie : que disent les recherches ?
  • Certaines recherches sur « l’effet Mozart »33 suggèrent une diminution de l’activité épileptiforme et, dans certaines études, de la fréquence des crises.
  • Une revue systématique publiée en 2024 a sélectionné 25 études sur le sujet34 :
  • Les études rapportent une réduction de la fréquence des crises et des décharges épileptiformes, avec une réduction de la fréquence des crises d’environ un tiers dans certaines analyses (résultats variables selon les études)35.
  • Les recherches suggèrent que « L’effet Mozart » est plus complexe qu’une simple explication par le système de récompense et la dopamine36.
    Ces résultats préliminaires sont intéressants, mais ne permettent pas actuellement de considérer la sonate K448 comme un traitement standard de l’épilepsie. Toute utilisation de la musique dans un objectif thérapeutique doit être discutée avec le neurologue.

De plus, la musique, notamment lente, peut aussi réduire l’anxiété et la douleur et, dans certaines situations, pourrait, dans certaines procédures, réduire légèrement la durée de l’intervention et/ou la quantité de sédatifs utilisée37.

La musique peut contribuer à réduire la douleur et, dans certains cas, à diminuer le recours aux médicaments antalgiques. Elle peut notamment détourner l’attention de la douleur et favoriser la relaxation.

Boite de médicaments illustrant la réduction de médicament grâce à l'écoute de musique

La pratique régulière d’un instrument peut également être bénéfique à tout âge.

Selon plusieurs études38, l’écoute de la musique de Mozart chez le rat brun réduirait l’hypertension artérielle et augmenterait la production de dopamine.

Ces résultats obtenus chez le rat brun ne permettent donc pas de conclure à un effet cardiovasculaire chez l’être humain.

Chez l’être humain, une petite étude39 menée auprès de personnes âgées hypertendues a montré qu’une écoute musicale de 25 minutes par jour pendant 4 semaines était associée à une diminution de la pression artérielle systolique.

La musique peut également être utilisée comme soutien lors de certaines procédures médicales. Une méta-analyse de huit études portant sur 722 personnes a notamment montré qu’elle pouvait réduire légèrement la durée d’une coloscopie et la quantité de sédatifs utilisée37.

Selon une étude40, un niveau de bruit ambiant modéré peut favoriser certaines tâches créatives, tandis qu’un niveau de bruit élevé pourrait au contraire les réduire.

Photo artistique d'un homme se projetant plusieurs couleurs sur le corps - stimulé par musique de fond

La musique instrumentale peut également influencer la créativité, notamment en fonction de l’éveil émotionnel, des préférences musicales de l’auditeur et de son potentiel effet de restauration psychologique.

Cette étude41 suggère que l’effet de la musique de fond sur la créativité dépend notamment des préférences musicales et de l’interférence cognitive qu’elle peut provoquer.

Enfin, la musique joyeuse semble favoriser une attention davantage tournée vers la musique elle-même et moins d’errance mentale que la musique triste3.

À l’inverse, la musique triste, associée à davantage d’errance mentale, pourrait être compatible avec certains processus créatifs chez des personnes en bonne santé4. Cela ne signifie toutefois pas qu’elle améliore systématiquement la créativité.

Elle peut aider à dénouer le stress : boule au ventre, appréhension… Dans ces moments-là, écouter un peu de musique peut offrir une parenthèse de détente.

La musique peut aider à réduire le stress et favoriser la détente. Certaines études montrent également une diminution du cortisol, une hormone impliquée dans la réponse au stress. Ces effets peuvent toutefois dépendre du contexte, du type de musique et de la personne.

Homme anxieux se prenant la tête à deux mains qui n'écoute pas encore de musique relaxante

Une étude42 sur des patients opérés du cœur montre qu’après 30 minutes d’écoute de musique douce, leur niveau de cortisol (hormone du stress) et leur anxiété diminuent, mais ces effets semblent temporaires.

La musicothérapie peut contribuer à réduire les symptômes anxieux, notamment avec des approches réceptives ou combinant approches actives et réceptives43.

Elle peut réduire les symptômes dépressifs lorsqu’elle est utilisée comme intervention complémentaire44.

La musique douce peut avoir des effets apaisants et favoriser la relaxation.

Qui n’a pas chanté une berceuse à un enfant pour l’aider à s’endormir ?

Les chansons douces peuvent favoriser l’endormissement dans certaines situations. Les morceaux utilisés sont souvent personnels, avec un tempo lent, une faible intensité et peu de variations46.

Jeune fille apaisée qui s'est endormie sur son bureau pendant qu'elle étudiait en écoutant des chansons douces

La qualité du sommeil peut également être améliorée par des interventions musicales chez les personnes âgées47, ainsi que chez les étudiants universitaires48.

La musique peut être utilisée avant et pendant l’exercice pour favoriser la motivation, réguler l’activation et améliorer l’expérience subjective de l’effort49.

Une méta-analyse de 139 études montre notamment une amélioration de certaines performances physiques et une réduction de la perception de l’effort, avec des effets plus importants pour les musiques rapides50.

Homme qui court dans la nature boosté par l'écoute de musique énergétique

Une musique rapide peut également modifier certains paramètres de la performance, notamment la cadence, selon l’activité pratiquée49.

Elle peut également réduire la perception de l’effort et, dans certaines conditions, permettre de maintenir l’exercice plus longtemps ou à une intensité plus élevée, avec l’impression que l’effort est plus facile52.

La musique peut favoriser les interactions sociales et les comportements prosociaux. Une revue systématique publiée en 2025 suggère notamment que les expériences musicales impliquant une synchronisation entre les participants peuvent renforcer les comportements prosociaux53.

Chez les adultes, une musique positive au travail peut également favoriser les comportements coopératifs et agir comme un « lubrifiant social »14.

Réunion de plusieurs bras adultes au travail pour symboliser la force de la collaboration avec de la musique positive

Et que penser des différents types de musique ?

Dans une petite étude expérimentale45, l’écoute de la musique calme était associée à davantage de comportements d’aide que la musique désagréable ou l’absence de musique. La musique stimulante n’ayant pas d’effet significatif.

La musique peut nous procurer de réelles sensations physiologiques.

Quand vient notre morceau préféré, la musique peut provoquer des réactions émotionnelles et physiologiques intenses : les poils peuvent se hérisser, les larmes monter aux yeux, le rythme cardiaque s’accélérer ou un frisson nous parcourir…

Ces réactions, parmi lesquelles figurent notamment les larmes, les frissons et la chair de poule, sont décrites dans les travaux de Gabrielsson sur les expériences fortes liées à la musique54a.

Jeune femme heureuse qui danse pendant qu'elle écoute de la musique

Certains changements dans la structure ou les caractéristiques acoustiques de la musique peuvent favoriser l’apparition de frissons et de réactions émotionnelles intenses54b.

La participation à des activités musicales en EMS, comme le chant ou l’apprentissage d’un instrument, peut apporter de la nouveauté et de l’engagement dans le quotidien, tout en favorisant les échanges avec les autres résidents et les musiciens.

Les résidents apprécient également les spectacles en direct. Cette étude55 suggère que les activités musicales peuvent contribuer à leur bien-être et favoriser les relations interpersonnelles.

La musique peut favoriser les liens sociaux en créant des expériences et des intérêts partagés. Le partage de goûts musicaux est associé à des liens sociaux et peut contribuer au sentiment d’identité et d’appartenance, notamment chez les jeunes56.

Groupe d'amis qui jouent tranquillement de la musique ensemble

La participation à des activités musicales collectives, comme un orchestre ou une chorale, peut favoriser la coopération, le travail en équipe et la prise de conscience de ses points forts.

Elle peut également renforcer le sentiment de collaboration et de travail en équipe, favorise l’expressivité et peut contribuer à la tolérance, ainsi qu’à la motivation pour l’apprentissage des langues57.

  • Choisissez des morceaux qui vous apaisent : même si la musique classique, le jazz doux ou les sons de la nature sont parfois utilisés pour favoriser la détente, privilégiez la musique qui vous plaît vraiment et vous aide à vous sentir bien.
  • Intégrez la musique dans votre quotidien pour réduire le stress : profitez des moments de détente, comme les pauses au travail ou avant de dormir, pour écouter de la musique.
  • Pratiquez l’écoute active de la musique : se concentrer sur chaque instrument et chaque note pour favoriser l’attention et profiter pleinement de la musique.
  • Associez musique et relaxation : utilisez une musique de fond douce lors de vos pratiques de relaxation telles que le yoga ou la méditation.
  • Utilisez une musique familière et prévisible : une étude récente suggère qu’une musique familière et régulière peut faciliter l’apprentissage et la mémorisation de séquences visuelles. À l’inverse, une musique familière mais irrégulière peut rendre cet apprentissage plus difficile58.
  • La sonate K448 de Mozart fait l’objet de recherches dans l’épilepsie. Certaines études ont rapporté une diminution de l’activité épileptiforme et de la fréquence des crises, mais les résultats restent insuffisants pour en faire un traitement établi. Les personnes atteintes d’épilepsie ne doivent pas modifier leur traitement sur la base de ces résultats et doivent en discuter avec leur neurologue.
  • Écouter une musique agréable en tâche de fond : cela peut soutenir certaines tâches créatives, mais l’effet dépend de la personne, de la musique et de la tâche.
  • Écouter une musique douce et apaisante au moment du coucher peut favoriser la qualité du sommeil chez certaines personnes.
  • Utilisez une musique rythmée et entraînante : plus rapide, elle peut augmenter certains paramètres physiologiques. Elle peut augmenter la motivation et, dans certaines conditions, réduire la perception de l’effort.
  • Celle-ci peut être en tâche de fond et à connotation positive pour fluidifier les interactions sociales, sans choisir une musique que l’on apprécie ou que l’on déteste fortement.

Certains signes peuvent indiquer qu’il faut réduire le volume ou faire une pause :

  • oreilles bouchées ;
  • sifflements ou acouphènes ;
  • difficulté temporaire à comprendre la parole ;
  • sons étouffés ;
  • fatigue auditive.

Ces signes ne suffisent pas à diagnostiquer une lésion, mais invitent à réduire son exposition sonore.

Protections sur mesure pour la musique

Oui. Le risque dépend surtout du volume, de la durée et de la répétition de l’exposition. Des pauses et une protection adaptée permettent de limiter les risques.

Lors des concerts ou répétitions, les protections auditives musicales réduisent le volume tout en préservant la qualité sonore. Quant aux IEM sur mesure, ils conviennent aussi bien au grand public qu’aux musiciens pour une écoute précise et confortable.

La musique est bien plus qu’un simple son : elle est présente dans toutes les cultures et constitue un puissant moyen d’expression et de partage des émotions.

Elle peut servir de moyen de communication, d’expression des émotions ou encore pour vibrer tous ensemble.

La recherche scientifique a mis en évidence des effets sur l’humeur, les émotions, le sommeil, la mémoire, les relations sociales et le bien-être.

Source de plaisir et de bienfaits, la musique mérite toutefois une écoute raisonnée afin de préserver notre audition.

Vous écoutez régulièrement de la musique à volume élevé, fréquentez les concerts ou avez remarqué des acouphènes ou une sensation d’oreilles bouchées ? Prenez rendez-vous pour un bilan auditif gratuit afin de faire le point sur votre audition.

Pour les personnes qui pratiquent la musique ou sont régulièrement exposées à des environnements bruyants, des solutions adaptées existent également : protections auditives musicales sur mesure pour limiter l’exposition sonore, ou IEM sur mesure pour une écoute et un monitoring précis.

L’objectif n’est pas de se priver de musique, mais de pouvoir continuer à en profiter longtemps, pour conserver une vie plus active et joyeuse !

Jeune femme qui se relaxe dans l'herbe en écoutant de la musique qui la rend joyeuse

Comment agir ?

  • Contrôler le volume et la durée : appliquer la règle des 60/60, faire des pauses, utiliser des casques isolants ou bouchons de protection spécial musique.
  • Adapter la musique à l’objectif : une musique douce peut favoriser la relaxation ou le sommeil, tandis qu’une musique rythmée peut accompagner l’activité physique. Pour travailler ou créer, une musique instrumentale peut être préférable lorsqu’elle évite les distractions.
  • Pratiquer l’écoute active : se concentrer sur chaque instrument et note.
  • Surveiller les effets négatifs : fatigue auditive, stress, anxiété ou humeur perturbée doivent alerter et amener à ajuster la musique.
  • Choisir une solution adaptée à son usage : protections auditives musicales sur mesure pour réduire l’exposition sonore, ou IEM sur mesure pour le monitoring musical.
  • Utiliser la musique comme intervention complémentaire : des playlists personnalisées ou certains morceaux peuvent contribuer à réduire le stress, l’anxiété ou la perception de la douleur dans certains contextes. Pour l’épilepsie, la sonate K448 de Mozart fait encore l’objet de recherches et les données restent insuffisantes pour considérer cette musique comme un traitement établi.

Avertissement : Ce résumé est informatif et à visée éducative. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.

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