Le stress peut-il vraiment provoquer des acouphènes ?

Article modifié le dimanche 21 décembre 2025 à 14h47

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L’acouphène est un bruit, sans source sonore extérieure, ressenti dans l’une, les deux oreilles ou dans la tête. Ce symptôme, est généralement intégré par la plupart des personnes à travers un processus d’adaptation.

Ils peuvent cependant avoir un impact négatif sur la qualité de vie d’une proportion relativement faible d’individus touchés1 et se révéler invalidants d’un point de vue émotionnel, de part les troubles du sommeil, de l’isolation sociale, de l’anxiété, de l’irritabilité, et parfois accentués à cause d’une perte auditive associée.

Le stress, quant à lui, est à la base un ensemble de réactions positives pour notre corps et notre sauvegarde face à une situation menaçante ou nouvelle. Cet état d’inquiétude ou de tension mentale nous incite à relever les défis. Toutefois la façon dont nous réagissons face à celui-ci est variable selon les personnes et peut faire une grande différence sur leur bien-être général si la situation s’éternise ou devient trop intense.

Et bien que le stress et les acouphènes soient deux phénomènes distincts, néanmoins il arrive que des personnes souffrent des deux à la fois. Quel peut donc bien être le lien entre les acouphènes et le stress ?

Découvrons les méthodes pour vous aider à mieux vivre cette gêne au quotidien.

Vue d’ensemble

  1. Qu’est-ce que les acouphènes ?
  2. Qu’est-ce que le stress ?
  3. Les conséquences du stress sur le système auditif
  4. Le stress peut-il provoquer des acouphènes ?
  5. Les acouphènes augmentent ils le stress ?
  6. Comment alors gérer les acouphènes liés au stress ?
  7. Que penser des traitements alternatifs ?
  8. Comment prévenir les acouphènes liés au stress ?
  9. En bref.
Jeune femme qui se bouche les oreilles en se demandant quels sont ces bruits dans les oreilles

Une définition moderne de l’acouphène subjectif (95% des acouphènes) est la suivante : il s’agit d’un son qui n’est justifié par aucune vibration interne ou externe, et qui est perçu pendant au moins 5 minutes, plus d’une fois par semaine, résultant ‘presque toujours’ d’une lésion périphérique cochléaire (oreille interne) organique3.

Le type de bruit produit est différent entre chaque personne et même selon les moments de la journée pour certains. Il peuvent être assimilés à :

  • Un bourdonnement
  • Un sifflement
  • Un chuintement
  • Un tintement
  • Un bip
  • etc.

Les 3 principales causes sont les suivantes : un traumatisme sonore (ex : concerts sans protection, travail trop bruyant, explosion, coup de feu), un choc émotionnel (ex : rupture sentimentale, perte d’un être cher, accident, etc.), le vieillissement auditif (presbyacousie). Mais il en existe beaucoup d’autres.

3 principales causes de bruit avec un chasseur pour le tir, un guitariste pour les concerts, des amis en bar à cocktail pour la musique d'ambiance bruyante

La connaissance des acouphènes est pourtant assez lacunaire. Même si une partie d’entre eux peut être expliquée par la perte d’audition, comme le laisse suggérer la définition ci-dessus. Dans ce cas, la perte de l’audition sur certaines fréquences sonores entraîne un vide et pour palier ce manque sonore, le cerveau (cortex auditif) va “créer” des sons : les acouphènes.

De plus, il existe un lien avec d’autres parties du cerveau liées aux émotions et à la mémoire. Et si l’individu se focalise de plus en plus sur ce bruit, ce dernier va commencer à prendre de l’importance, ce qui risque d’impacter sa qualité de vie.

Fort heureusement, avec le temps, la plupart des personnes arrivent à s’habituer à leur acouphène.

Mais si ce n’était pas le cas pour vous ou pour un proche, et que cet acouphène commençait à prendre trop de place dans votre vie, alors il faut consulter et ne pas attendre que cela vous conduise jusqu’à l’isolement social ou à la dépression.

Voici d’ailleurs une liste des principaux sentiments négatifs liés aux acouphènes “non adaptés”4 :

  • incapacité de se concentrer
  • détresse ou contrariété
  • stress / tension / incapacité à se détendre
  • irritabilité / agacement / colère
  • isolement
  • impuissance / frustration
  • anxiété / dépression
  • insatisfaction des bruits
  • tristesse

De nombreux patients nous décrivent aussi une augmentation de leur acouphène dans les cas suivants :

  • suite à une grande fatigue ou du surmenage
  • après des émotions fortes
  • lors du retrait des aides auditives au coucher
  • ou encore lors des périodes de stress
Nuage de représentation du stress et de certains mots associés

Le stress est une réaction face à un évènement ou à une série d’évènements – à la fois externes et internes – d’origine physiologique et/ou psychologique, considéré comme exigeant, incontrôlable ou accablant.

Chez un individu sain, il active des mécanismes d’excitation nécessaires pour rétablir l’équilibre ou homéostasie en réaction aux évènements perturbateurs, activant le système nerveux autonome et libérant des hormones pour préparer le corps à l’action5. En revanche, l’anxiété peut survenir à la suite d’un stress prolongé ou répété et est liée à des états émotionnels et des processus cérébraux spécifiques6.

Les symptômes courants liés à l’excitation immédiate : palpitations, tremblements, accélération de la respiration, transpiration excessive, etc.

Les symptômes possibles d’un stress devenu chronique : troubles digestifs, problèmes de sommeil, aggravation des symptômes de maladies cardio-vasculaires, maux d’estomac, affaiblissement du système immunitaire, douleur musculaire, maux de tête, problème articulaire, diminution de la libido, troubles du cycle menstruel, difficultés de concentration, troubles de l’humeur7, manifestations dermatologiques, vertiges, acouphènes…

Homme stressé qui se tient la tête à deux mains

C’est lorsque le stress devient trop intense ou trop durable que le corps peut échouer à s’adapter entraînant des réactions physiologiques et émotionnelles défaillantes.

Au contraire d’un stress court, bien géré, nécessaire à l’adaptation d’un nouveau contexte, celui-ci peut, s’il est excessif ou installé sur la durée entraîner des troubles de l’audition et en particulier des acouphènes.

L’anxiété peut ainsi agir à de nombreux niveaux :

  • Impact sur la quantité et la qualité du sommeil. Les événements émotionnels stressants, ont un impact sur notre sommeil et notre bien-être, mais la déprivation de sommeil nous rend aussi particulièrement plus sensibles aux émotions et aux stimuli stressants de ces événements8. Celle-ci va directement venir impacter votre récupération auditive, tout comme de nombreux autres paramètres physiologiques s’influençant mutuellement dans une sorte de cercle vicieux.
Homme dans un sommeil apaisé
  • Impact sur la surdité. Sans qu’il soit possible d’être affirmatif, certaines études9,10 suggèrent que le stress chronique pourrait contribuer à la perte auditive, sans oublier le risque de surmortalité lorsque les deux sont associés10.
  • Impact sur le système cardio-vasculaire. Même s’il convient de tenir compte des différences subjectives et individuelles, il est clair que le stress a un impact majeur sur le système circulatoire. Il joue un rôle significatif dans la susceptibilité, l’évolution et les conséquences des maladies cardiovasculaires11. A noter que dans le cas de l’acouphène pulsatile (4 % environ de tous les acouphènes), caractérisé par des bruits rythmiques synchronisés avec le battement du cœur, souvent décrits comme des pulsations, des battements ou des bruits de souffle, le battement cardiaque peut résonner directement dans l’oreille. Or, le stress a un impact reconnu sur la circulation du sang. Ceci a alors un impact négatif sur la santé psychologique de ces patients12. Heureusement, dans ce type pulsatile, l’origine est généralement trouvée dans 70 % des cas et sa cause est souvent traitable13.
  • Impact sur la tension musculaire. Face aux situations stressantes, les personnes anxieuses ont des niveaux de tension musculaire plus élevées que les individus non anxieux14. Pour peu que cette tension se localise dans la région du cou et de la mâchoire, elle risque de venir affecter les muscles de l’oreille moyenne, touchant la perception auditive et pouvant déboucher sur des problèmes auditifs.
  • Impact sur la tolérance aux bruits. L’anxiété et la dépression sont fortement corrélées à l’intolérance aux bruits15, ce qui les rend plus sensibles aux sons de l’environnement. Ceci pourrait contribuer a une perception plus grande des acouphènes.
Dessin avec des bruits de la rue
  • Impact sur l’intensité des acouphènes. Il existe une relation importante entre l’anxiété et la gravité des acouphènes16. Ceci débouche sur 2 hypothèses principales. Soit l’anxiété agit comme un amplificateur de la gravité des acouphènes. Soit l’acouphène lui-même pourrait être considéré comme un symptôme possible de l’anxiété. A moins que l’un et l’autre s’influencent mutuellement.
  • Impact du système nerveux sympathique. Ce système sert à notre organisme pour fuir ou nous protéger face à une situation stressante. De plus, il régule aussi le flux sanguin cochléaire et affecte les cellules ciliées. Cette étude17a démontré une corrélation entre le système nerveux sympathique et la détresse liée aux acouphènes.
  • Impact sur l’amygdale. Cette région responsable des émotions est fondamentale de part le rôle central qu’elle joue dans la perception de l’acouphène. Les émotions négatives peuvent ainsi amplifier la manière dont ces bruits perturbants sont ressentis, augmentant la vigilance du cerveau, ce qui fini par augmenter encore la gêne. Cette étude18 a montré que l’amygdale était « atténuée » chez le groupe atteint d’acouphènes. Ceci pourrait refléter une modification interne de la réponse émotionnelle, peut-être en raison d’une habituation réussie aux sons émotionnellement négatifs de l’acouphène.

Oui, le stress peut être lié à l’apparition d’acouphènes19.

Celui-ci, qu’il provienne de sources internes ou externes, a le potentiel de perturber l’homéostasie, soit l’équilibre du corps. Il pourrait être perçu comme un bruit perturbant plutôt que comme un son bénin chez les individus soumis à des niveaux de stress élevés.

Pierres entassées les unes sur les autres, symbole de paix et d'harmonie

Par exemple, un choc psychologique ou émotionnel, suite au décès d’un être cher peut parfois être à l’origine de la survenue d’un acouphène.

Bien évidemment, tous les acouphènes ne sont pas déclenchés par le stress, loin de là.

De plus, une certaine aggravation est observée chez les patients atteints d’acouphènes lorsqu’ils sont stressés20,21. Bien que tous les patients souffrant de ce symptôme n’associent pas le stress à son apparition ou à sa gravité.

Oui, de la même manière que le stress peut provoquer des acouphènes, ceux-ci peuvent influencer l’anxiété et la dépression22,23.

Cependant, même s’il a été trouvé des preuves cohérentes qui indiquent que la gravité des acouphènes chroniques est associée aux symptômes d’anxiété et de dépression, il n’a pas encore été démontré que l’acouphène en était à l’origine. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne l’est pas bien entendu.

Femme anxieuse avec les mains crispées

Il est donc important de surveiller les signes avant-coureur de contrariété, d’irritabilité, de tristesse ou de début d’isolement chez vos proches ou vous-même, et de ne pas attendre avant de vous faire aider ou expliquer le processus. Cela pourrait aussi venir d’un problème de baisse d’audition.

Nous parlons de gérer les acouphènes, car la quasi totalité des spécialistes ont pu constater qu’il n’existait pas réellement de traitement miracle curatif pour les acouphènes. Cependant, une prise en charge rapide permet souvent d’en atténuer l’impact et de permettre avec les bonnes informations de s’y habituer.

Le saviez-vous ? Tous les acouphènes ne sont pas liés au stress. S’il s’agit d’un acouphène récent faisant suite à un traumatisme sonore de moins de 48h, il est conseillé de se rendre aux urgences. S’il s’agit d’un acouphène récent de plus de 48h, essayez d’y faire le moins attention possible en mettant un peu de musique en fond sonore, en ouvrant la fenêtre en été pour avoir un peu de bruit extérieur, et globalement essayez de ne pas modifier votre style de vie. S’il s’agit d’un acouphène pulsatile ou objectif (son produit par le corps), vous devrez consulter un ORL pour une évaluation approfondie. Pour l’acouphène pulsatile, l’origine est généralement trouvée dans 70 % des cas et sa cause sous-jacente est souvent traitable13. Quant aux acouphènes objectifs, une grande variété d’interventions thérapeutiques est disponible pour chaque type d’acouphènes objectifs, pouvant réduire efficacement la sévérité des acouphènes voire les guérir24. Des séances de kinésithérapie ou d’ostéopathie peuvent être nécessaire dans les cas d’acouphènes mécaniques ou musculaires. 

S’il s’agit par contre d’un ancien acouphène et que vous êtes rentré dans le cercle vicieux qui entraîne des réactions émotionnelles négatives qui débouchent elles-mêmes sur l’hypervigilance puis l’augmentation de la gêne ressentie, il va falloir chercher à appliquer des méthodes qui permettent de mieux gérer le stress ou/et les acouphènes, en particulier celles s’appuyant sur les émotions positives :

  • Pratiquer une activité sportive régulière modérée à minima, permettrait d’atténuer le volume et la sévérité de l’acouphène25.
Jeune homme faisant des pompes en salle d'entrainement
  • Réduire l’alcool, car même si l’effet est très variable d’un individu à l’autre sur le moment (il empire pour 22 % d’entre eux et s’améliore pour 16 %)26, la consommation d’alcool sur le long terme à un effet sur la perte auditive27. Et si vous avez une perte auditive, vous avez aussi plus de risques d’avoir un acouphène.
  • Réduire la cigarette, où tout comme l’alcool il n’y a pas de réel évidence à l’apparition d’un acouphène lié à la consommation de cigarette sur le moment28. Mais où plus la personne fume et le risque de perte auditive est grand, augmentant le risque d’avoir un acouphène, d’autant plus si la pente de l’audiogramme est forte29.
  • Avoir une alimentation saine et équilibrée de type régime végétarien indien, régime méditerranéen ou régime japonais traditionnel30 (riches en légumes, fruits, céréales non transformées et poissons et fruits de mer, et contiennent seulement des quantités modestes de viandes maigres et de produits laitiers) plutôt que basé sur notre modèle occidental actuel (aliments transformés, raffinés, et sucre en excès) aide à réduire le stress. Ceci ne sera pas facile à suivre pour certains, car les choix d’aliments riches en énergie et en graisses malsaines sont dictés par des normes culturelles ou de statut lors des fêtes, festivals et banquets. D’autant plus que lorsque l’on se sent stressé, on a tendance à ingurgiter plus de calories que nécessaire.
Repas méditerranéen
  • La Méditation permettrait de réduire l’anxiété et son intensité31.
  • La pratique du Yoga est associée à une réduction des niveaux de cortisol (rôle dans la gestion du stress) et à la promotion des effets anti-anxiété, obtenues grâce à la stimulation du tonus vagal, à l’activation de l’activité parasympathique et à l’amélioration de la neuroplasticité32.
  • La pratique du Tai Chi Chuan serait efficace pour réduire les niveaux d’anxiété et améliorer le sentiment de bonheur ressenti33 et peut être un moyen non pharmacologique efficace d’améliorer aussi la qualité du sommeil chez les jeunes adultes34.
  • Les exercices de respiration profonde, faciles à apprendre et à mettre en place. ont démontré leur efficacité pour réduire la perception et les symptômes de l’anxiété35.
  • Certains protocoles de sophrologie ont montré aussi bien en groupe36 qu’en tête à tête37 une réduction des niveaux d’anxiété et de leur caractère intrusif.
  • La thérapie sonore à l’aide d’appareils auditifs et d’élimination des idées fausses. La TRT à base de bruit blanc et de séances de conseils permettrait d’améliorer le ressenti de l’acouphène dans 70 % des cas38. Il permet une rééducation de l’oreille en détournant l’attention du patient des acouphènes pour créer un processus d’habituation. L’audioprothésiste peut aussi dans certains cas utiliser des bruits à partir d’application ou un générateur de bruit blanc seul.
  • La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est aussi un traitement efficace pour lutter contre le trouble d’anxiété généralisée. Elle serait équivalente au traitement médicamenteux et plus efficace 6 mois après la fin de l’étude39.
  • La Thérapie cognitive basée sur la pleine conscience est associée à des améliorations significatives pour les patients souffrant d’acouphènes chroniques et invalidants et à une meilleure acceptation40. Une autre étude a démontré une amélioration aux score de questionnaires et en qualité de vie globale41.
  • Le port d’aides auditives permettra quant à lui de compenser la perte auditive et souvent lorsque le malentendant réentend plus de son, cela va venir couvrir en partie son bruit intérieur, rendant l’acouphène plus facile à supporter. De plus, les appareils auditifs sont des outils précieux pour atténuer les conséquences potentielles du stress sur la santé auditive, offrant aux individus la possibilité de participer plus pleinement aux activités quotidiennes et de maintenir une meilleure qualité de vie.

Que penser du traitement à base de Ginkgo Biloba ?

Arbre Ginkgo

La plupart des résultats sont contradictoires : certaines études rapportent l’efficacité du Ginkgo biloba dans le traitement des acouphènes, tandis que d’autres le jugent inefficace42. A part une étude contenant un biais, toutes les autres études n’ont pas montré de différence significative entre le groupe placebo et le groupe ginkgo44.

Que penser des huiles essentielles ?

Parmi les inconvénients relevés, le facteur le plus fréquemment mentionné était la courte durée des effets de l’aromathérapie. Les résultats de cette étude indiquent que, si la majorité des patients ont ressenti un bénéfice de l’aromathérapie, celui-ci était non spécifique et non directement lié aux acouphènes43.

Que penser de l’acupuncture ?

Un suivi à 6 mois n’a montré aucune diminution significative de l’intensité des acouphènes. L’acupuncture ne semble apporter qu’un bénéfice à court terme44.

Que penser du traitement à partir du laser à faible puissance ?

Trois études n’ont pas permis de mettre en évidence de réponse significative au laser de faible puissance44.

Que penser du traitement homéopathique ?

Granules d'homéopathie

Une seule étude en 1998 n’a pas trouvé de différences entre le groupe traité avec la préparation homéopathique contenant du salicylate de sodium, de l’ascaridole, de la conine et de la quinine et le groupe placebo44. Plus d’études permettraient de mieux trancher la question.

Que penser de l’hypnothérapie ?

Le principal avantage de l’hypnothérapie semble être qu’elle procure un sentiment de bien-être et un degré de relaxation qui rend les acouphènes plus supportables. Les niveaux de l’acouphène n’ont pourtant pas été améliorés44.

Que penser des ultrasons ?

Les résultats semblent contradictoires entre une étude qui n’a montré aucune différence et une autre qui a montré une légère sensation d’amélioration44.

Que penser de la stimulation électromagnétique ?

Sur quatre études, seulement une seule a montré une amélioration du score. Les trois autres n’ont pas trouvé de différence significative44.

Que penser de l’auto médication ?

Tas de médicaments

Lorsque l’on souffre d’acouphènes, il est fortement recommandé d’éviter toute automédication qui pourrait accentuer la perception de ces bruits au lieu de les calmer. D’autant que certains médicaments sont dits ototoxiques, c’est à dire toxiques pour l’audition. Le mieux est de demander conseil à un médecin.

Les bonnes pratiques suivantes n’ont pas vocation à être exhaustives, mais à vous donner des pistes pour agir soit pour prévenir l’acouphène, soit pour réduire l’impact du stress dans vos vie habituelle :

Prévenir la survenue de l’acouphène

  • Vous devez vous protéger les oreilles des sons forts, ce qui vous évitera tout traumatisme sonore, souvent à l’origine d’un acouphène. Et par delà l’intensité, pensez aussi au temps d’exposition. Des protections standards ou sur mesure existent.
Bouchons de protection auditive sur mesure
  • En cas de choc émotionnel, n’hésitez pas à parler à votre entourage ou à chercher du soutien du côté des professionnels. Relâcher la tension pourrait peut-être vous aider psychologiquement et émotionnellement, même si le choc est particulièrement dur à encaisser.
  • Enfin, en cas d’otite ou d’autre douleur à l’oreille étrange, pensez à consulter un spécialiste pour éviter toute complication.

Prévenir le stress trop intense

Éviter le stress est illusoire, d’autant que nous en avons besoin de temps en temps. Mais celui qui nous ennui est le stress chronique. A cet effet, il est bon d’adopter des mesures d’hygiène de vie de bon sens du point n°6.

  • Pratiquer une activité sportive régulière modérée
  • Réduire l’alcool et la cigarette
  • Préférer une alimentation saine et équilibrée de type végétarien indien, crétois ou japonais traditionnel
  • Pratiquer une des activités suivantes pouvant jouer sur l’émotionnel : méditation, yoga, tai chi chuan, sophrologie, respiration profonde et pleine conscience
Femmes les bras en l'air pendant une séance de yoga
  • Mettre en place une routine de sommeil régulièrement
  • Si besoin, vous pouvez consulter un thérapeute pour vous aider à mieux gérer vos problème d’anxiété ou de dépression à l’aide de séances, d’anxiolytique ou d’antidépresseurs sur une courte période sur laquelle l’efficacité des benzodiazépines et des Z-drugs a été prouvée. Mais attention à leur usage au long cours, car leurs effets indésirables prédominent45.

Malgré la forte prévalence des acouphènes, seulement environ1/4 des personnes affectées consultent un médecin pour des symptômes liés aux acouphènes46. Et même si l’acouphène lié au stress ne peut, dans la très grande majorité des cas, pas être soigné, il existe de nombreuses méthodes pour le soulager et ainsi éviter une aggravation.

Il est important aussi de se tourner vers un professionnel qui vous rassurera, vous permettra de poser toutes questions que vous avez besoin de poser et d’éliminer les idées fausses par rapport à cette manifestation qui peut s’apparenter à un fantôme pour les autres.

Et s’il est intéressant de connaître les traitements qui fonctionnent régulièrement, il est aussi souhaitable de connaître ceux qui n’ont pas réellement prouvé scientifiquement leur efficacité. Cela pourrait vous permettre de gagner du temps, de l’argent et de ne pas trop perdre espoir.

Sachez aussi que plus l’acouphène est ancien, mieux les personnes ont appris à le gérer.

Ne restez pas seul(e), des solutions existent pour vous apaiser.

2 bras reliés entre eux par des mains qui se tiennent, symbole de l'entraide

Avertissement : Ce résumé est informatif et à visée éducative. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.

Études scientifiques citées dans cet article pour référence :

  1. The association between stress, emotional states, and tinnitus: a mini-review. Patil J. et Al. (2023)
  2. Impact of tinnitus on quality of life: a review. Santosh Kumar Swain (2021)
  3. Definition of Tinnitus. Aldo Messina et Alessandro Corvaia (2022)
  4. A narrative synthesis of research evidence for tinnitus-related complaints as reported by patients and their significant others. Deborah A. Hall et Al. (2018)
  5. The Effects of Stress and Stress Hormones on Human Cognition : Implications for the Field of Brain and Cognition. Lupien SJ et Al. (2007)
  6. A Comprehensive Overview of Stress, Resilience, and Neuroplasticity Mechanisms. Mario Buenrostro et Al. (2025)
  7. Hippocampal proteomic changes of susceptibility and resilience to depression or anxiety in a rat model of chronic mild stress.  Min T, Haojun H, Shuiming L, et al. (2019)
  8. Les relations étroites entre le sommeil et le cerveau émotionnel. Marie Vandekerckhove (2011)
  9. Depressive Symptoms and Risk of Hearing Loss Among Adults Aged 55 Years and Older: A Population-Based Study. Erjie Xie et Yuedi Tang (2025)
  10. The mediating effect of depression on the association of hearing loss with all-cause and cardiovascular mortality: a prospective cohort study. Shaoyan Zhang et Al. (2025)
  11. Stress in cardiovascular disease. Tobias Esch et Al. (2002)
  12. More than just noise: association of pulsatile tinnitus with anxiety, depression and reduction of quality of life. Matthew Amans et Al. (2023)
  13. Pulsatile Tinnitus: A Narrative Review. Andrea Salgado Alvear et Al. (2025)
  14. Muscle Tension in Generalized Anxiety Disorder During a Stressful Mental Arithmetic Task: Direct Original Research. Sungjin Im et Al. (2023)
  15. Anxiety and depression among Canadian undergraduates with decreased sound tolerance. Carter Michael Smith et Al. (2025)
  16. Tinnitus severity and its association with cognitive and somatic anxiety: A critical study. Els Ooms et Al. (2011)
  17. Tinnitus, heart rate variability, and some biochemical indicators.Datzov E. et Al. (1999)
  18. Does Chronic Tinnitus Alter the Emotional Response Function of the Amygdala?: A Sound-Evoked fMRI Study. Jeff Davies et Al. (2017)
  19. Tinnitus and Its Relation to Depression, Anxiety, and Stress—A Population-Based Cohort Study. Berit Ackenberg et Al. (2023)
  20. Tinnitus and stress in adults: a scoping review. Asma Elarbed et Al. (2021)
  21. Psychological comorbidity in patients with chronic tinnitus: analysis and comparison with chronic pain, asthma or atopic dermatitis patients. N. Zirke et Al. (2013)
  22. Depression in Patients with Tinnitus: A Systematic Review. James W. Salazar et Al. (2019)
  23. A systematic review and meta-analysis of psychological functioning in chronic tinnitus. Krysta Trevis et Al. (2017)
  24. Objective tinnitus. Shi Nae Park (2016)
  25. The Relationship Between Physical Activity and Tinnitus Loudness and Severity: A Cross-Sectional Study. Antonios Chalimourdas et Al. (2025)
  26. Patients’ reports of the effect of alcohol on tinnitus. R. Pugh et Al. (1995)
  27. Alcohol as a risk factor for hearing loss: A systematic review and meta-analysis. Peiyi Qian et Al. (2023)
  28. Measuring the Effect of Smoking on Hearing and Tinnitus Among the Adult Population in the Kingdom of Saudi Arabia. Mohammed Alateeq et Al. (2023)
  29. Course of hearing loss and occurrence of tinnitus. Ovidiu König et al. (2006)
  30. Mental Stress and Food we eat. Momin Sayed Kashif (2020)
  31. A Study on the Anxiety Level of Meditation Practitioners and Non Practitioners. K. Madhava Chandran (2023)
  32. Role of Yoga in Anxiety: An Updated Review on Pathological Changes in Biochemical Markers. Shambaditya Goswami et Al. (2025)
  33. Effect of Tai Chi on stress, anxiety, and self-perception of happiness a longitudinal intervention study. Lais Renata Almeida Cezario Santos et Al. (2023)
  34. Effects of tai chi chuan on anxiety and sleep quality in young adults: lessons from a randomized controlled feasibility study. Karen L. Caldwell et Al. (2016)
  35. The Effect Of Relaxing A Deep Breath On Anxiety Levels. Holila Sajidah et Al. (2021)
  36. Effectiveness of a 4-week sophrology program for primary care patients with moderate to high anxiety levels: A randomized controlled trial. Koen van Rangelrooij et Al. (2020)
  37. Première évaluation de la prise en charge sophrologique des acouphènes subjectifs. P. Grevin et Al. (2020)
  38. Acouphène : a la recherche du bruit thérapeutique optimal Étude comparative de l’efficacité de deux thérapies sonores employant le bruit blanc et le bruit encoché. P. Lurquin et G. Kaysz (2019)
  39. Cognitive-behavioral therapy for generalized anxiety. Lucas Borza (2017)
  40. Mindfulness-Based Cognitive Therapy for Chronic Tinnitus: Evaluation of Benefits in a Large Sample of Patients Attending a Tinnitus Clinic. Laurence McKenna et Al. (2017)
  41. The Effectiveness of Mindfulness-Based Cognitive Therapy in the Management of Tinnitus. Chanchai Jariengprasert et Al. (2022)
  42. Ginkgo biloba in the treatment of tinnitus: An updated literature review. Mohammad Reza Mahmoudian-Sani et Al. (2017)
  43. Aromatherapy in Tinnitus: A Pilot Study. Thomasina Margaret Meehan (2003)
  44. A Review of Alternative Treatments for Tinnitus. Thomasina Margaret Meehan (2009)
  45. Usages et bon usage des benzodiazépines anxiolytiques et hypnotiques. Mathilde Bonnay et Al. (2021)
  46. Analysis of the prevalence and associated risk factors of tinnitus in adults. Kim H, Lee H, An S, et al. (2015)

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