Article modifié le 23 Juin 2026 à 15h58
La musique influence l’humeur, favorise la relaxation et peut améliorer la concentration. Elle agit sur le corps et le cerveau dès le plus jeune âge et est présente dans toutes les cultures, car elle permet de s’exprimer et de réguler les émotions.
Dès 3 ans et 6 mois, l’enfant peut adapter son rythme de frappe en fonction de stimulations extérieures1.
Des études en neurosciences montrent des effets positifs sur le cerveau, mais aussi des effets négatifs, notamment si la musique est trop forte ou trop longue, pouvant nuire à l’audition et à la concentration.
Sans oublier qu’elle peut aussi être utilisée dans un but thérapeutique via la musicothérapie, en jouant sur les différents sons, leur rythme, leur mélodie ou l’harmonie.
Faisons le point sur ses différents effets reconnus.
Astuce : Si vous ne voulez pas lire tout l’article, qui est long et ponctué de recherches scientifiques, rendez-vous directement au point n°4 : Comment utiliser la musique au quotidien ?
🔎 A retenir
- Cerveau et apprentissage : La musique stimule la mémoire, la concentration, la créativité et l’apprentissage, mais une écoute avec des paroles au travail ou trop forte peut distraire ou nuire à la performance cognitive.
- Santé auditive et émotionnelle : Elle peut réduire stress, anxiété et améliorer l’humeur, mais un volume élevé ou prolongé endommage l’oreille, peut provoquer acouphènes et fatigue auditive.
- Utiliser des protections auditives adaptées permet de préserver son audition tout en continuant à profiter de la musique tout au long de sa vie.
- Santé et thérapie : Utile en musicothérapie pour douleurs, sommeil, sport et maladies comme Alzheimer, mais un usage excessif ou associé aux écrans peut créer dépendance ou intensifier des émotions négatives.
- Social et motivation : Favorise coopération, estime de soi et sentiment d’appartenance, mais certaines musiques ou paroles violentes peuvent influencer négativement l’humeur et le comportement, surtout chez les jeunes.
Effets de la musique sur le cerveau et le comportement humain.
- Impact de la musique sur le cerveau humain
- Quels sont les effets négatifs de la musique ?
- Quels sont les effets positifs de la musique ?
- Sur la mémoire verbale, la concentration et l’apprentissage
- Sur la performance en arithmétique
- Sur les personnes malades
- Sur la médecine douce
- Sur la créativité
- Sur l’anxiété, la dépression et l’humeur
- Sur le sommeil et la relaxation
- Sur le sport
- Sur les relations de coopération
- Sur les sensations fortes
- Sur l’estime de soi
- Sur l’amitié et le sentiment d’appartenance
- Comment utiliser la musique au quotidien ?
- En bref
1. L’impact de la musique sur le cerveau humain
Une exposition auditive dès la vie prénatale
Tout au long de la vie, nous avons des expériences auditives, et cela commence dès que les nourrissons se trouvent dans le ventre de leur mère, aux environs de 6 mois de gestation2.
Il se souviendra de la voix de sa mère dès la naissance, en plus des berceuses entendues lors de la gestation.

Aujourd’hui, nous savons que l’information sonore se déplace de nombreuses fois dans les deux hémisphères et que la musique active ainsi une grande partie du cerveau humain.
Mieux encore, l’information musicale active pratiquement tous les circuits neurologiques du cerveau lorsque l’on écoute de la musique.
Musique, émotion et activité mentale
L’étude de Liila Taruffi et al.3 suggère que la musique triste et la musique joyeuse peuvent influencer l’errance mentale ainsi que son fonctionnement dans le cerveau. L’errance mentale correspond au fait que l’esprit se détourne de la musique pour produire des pensées spontanées, souvent liées à des souvenirs, à des relations sociales ou à des projets personnels.
Cet état de rêverie est fréquent chez l’être humain et peut expliquer pourquoi la musique mélancolique peut parfois être perçue comme agréable.

L’errance mentale
L’errance mentale est associée à des effets positifs, comme la créativité ou la capacité à différer une récompense4,5, mais aussi à des effets négatifs, tels que la distraction et la baisse de performance.
Elle repose sur un réseau cérébral actif au repos, appelé réseau en mode par défaut6,7.
Cependant, malgré de nombreuses recherches sur l’errance mentale et les émotions musicales8,9, il n’existe pas encore de consensus clair sur la capacité de la musique triste ou joyeuse à moduler directement l’errance mentale.
Musique triste vs musique joyeuse
Les 3 expériences de Liila Taruffi montrent que la musique triste active plus fortement le réseau cérébral en mode par défaut que la musique joyeuse.
Elle favorise une attention tournée vers soi et ses pensées, et la musique lente est associée à une errance mentale plus importante.
Ces résultats suggèrent que la musique triste, souvent perçue comme mélancolique mais agréable, induit une forme d’errance mentale différente de celle liée à un état négatif quotidien (comme la dépression).
Ils montrent aussi que la musique triste ou joyeuse génère surtout des images mentales plutôt que des mots. Cette constatation concorde avec les résultats d’études antérieures10,11 qui ont rapporté des activations dans le cortex visuel primaire pendant l’écoute musicale et avec la prédominance de l’imagerie mentale visuelle pendant l’état de repos12,13.
Pendant la musique joyeuse, au contraire, les auditeurs se concentrent davantage sur la musique elle-même et montrent des niveaux réduits d’errance mentale.
Ainsi, la musique peut déclencher des processus mentaux différents selon sa tonalité émotionnelle.
2. Quels sont les effets négatifs de la musique ?
a. Sur la performance au travail
Si la musique est trop élevée, elle pourrait bloquer la pensée créative, en donnant au cerveau trop d’informations à traiter.

Les chansons connues peuvent pousser à fredonner ou suivre le rythme, ce qui détourne l’attention et divise les ressources cérébrales entre la tâche et la musique, pouvant ainsi réduire la performance au travail14.
De plus, l’effet de la musique de fond sur l’attention dépend aussi du fait qu’on aime ou non la musique : plus elle est appréciée ou déplaisante, plus elle peut perturber la concentration, car le cerveau traite simultanément la musique et l’activité en cours.
Le saviez-vous ?
Il est important de ne pas choisir une musique que les travailleurs aiment beaucoup ou détestent vraiment lors de la sélection de la musique de fond afin d’éviter d’affecter négativement la concentration des travailleurs.
La musique avec paroles peut être particulièrement distrayante pour les tâches demandant de la concentration. À l’inverse, la musique instrumentale, écoutée à volume modéré, peut parfois aider à se concentrer en créant une ambiance favorable au travail.
b. Sur la destruction de l’audition à niveau élevé ou prolongée
L’écoute prolongée de musique à volume élevé (casques, smartphones) peut endommager les cellules ciliées de l’oreille interne, qui sont détruites de façon définitive, et impacte aussi le cortex auditif15. Contrairement à la peau, ces cellules ne se régénèrent pas.
Si vous voulez vérifier que vos oreilles vont bien malgré une exposition fréquente à la musique, un test auditif gratuit vous permettra d’évaluer votre audition et d’agir en conséquence.

Même à volume modéré, une exposition longue (écoute continue, sommeil avec écouteurs) peut entraîner une fatigue auditive et avoir des effets similaires à une forte exposition.
Des études montrent aussi des pertes auditives significatives chez les étudiants exposés fréquemment à des concerts de musique pop16, souvent sans qu’ils en aient conscience, ce qui souligne l’importance de la prévention. Des pertes associées à un emploi de vacances dans un environnement bruyant ou à une exposition à des tirs d’armes à feu ont également été identifiées.
Enfin, une exposition sonore excessive peut provoquer des acouphènes, une intolérance aux bruits ambiants et, dans certains cas, favoriser de l’anxiété ou de la dépression.
Le saviez-vous ?
Il existe des solutions pour protéger l’audition. En concert, il est conseillé de porter des bouchons de protection. Vous pouvez aussi utilisez des écouteurs ou des casques qui isolent du bruit extérieur pour réduire le volume et limiter le temps d’écoute.
Il est aussi recommandé de suivre la règle du 60/60 : écouter la musique 60 minutes maximum à environ 60 % du volume.
Enfin, un bilan auditif gratuit peut permettre de vérifier l’état de son audition et d’agir en prévention.
c. Sur l’humeur et la dépression
La musique accompagne souvent notre humeur du moment : on écoute plutôt des morceaux joyeux quand on est heureux, et des musiques tristes lorsqu’on ne l’est pas. Pourtant, lorsqu’on est triste, le mieux serait d’écouter de la musique entraînante ou des chansons aux paroles positives.

Si elle peut soulager, la musique peut aussi parfois augmenter le stress et l’anxiété. La dépression est notamment associée à une écoute musicale marquée par la rumination, l’évitement et l’intensification des émotions négatives17.
Certaines études montrent aussi que les personnes dépressives utilisent parfois la musique dans une « rumination de groupe », ce qui peut renforcer les pensées et émotions négatives18. Ces personnes dont le style d’adaptation à la musique est généralement inadapté ont tendance à faire état de résultats négatifs à la fois lorsqu’elles écoutent de la musique seules et lorsqu’elles participent à des interactions de groupe autour de la musique.
Le contenu des chansons joue également un rôle : des paroles violentes, sexualisées ou négatives peuvent influencer l’humeur, en particulier chez les adolescents, qui sont plus sensibles et ont tendance à intérioriser davantage les paroles que les adultes19,20.
d. Sur l’influence du choix de nourriture
Cela paraît fou, mais selon une étude américaine21, l’intensité sonore de la musique d’ambiance risque de modifier ce que nous mangeons au restaurant.
Ils ont démontré que lorsque la musique est forte, le nombre de clients qui commandent des plats plus gras est 10 % plus important que lorsque le volume musical est modéré.
En cause, le niveau de stress qui monterait dans une telle situation, entraînant une réaction de commande d’aliments qui rassurent, qui le plus souvent sont gras, salés ou sucrés.

Fort heureusement, l’inverse est vrai : si le restaurant diffuse de la musique douce, les clients seront pleinement conscients de leurs choix alimentaires et auront plus de chances de se tourner vers des plats généralement plus sains.
e. Sur la dégradation de l’audition à cause des sons compressés
Les sons compressés, présents dans les MP3, la télévision, les jouets musicaux ou les appels téléphoniques, sont aujourd’hui très répandus. Contrairement aux sons naturels, ils comportent moins de nuances et de pauses, ce qui laisse moins de temps de repos à l’oreille et au cerveau.
Cette absence de contrastes nous incline inconsciemment à augmenter le volume d’écoute.
Une étude menée chez 90 cochons d’Inde exposés pendant 4 heures à de la musique compressée à 102 dBA a montré pendant quelques jours l’abolition du réflexe protecteur des muscles de l’oreille moyenne22.
Ce phénomène pourrait expliquer à la fatigue auditive et aux maux de tête rapportés lors de longues visioconférences par les télétravailleurs.

L’exposition prolongée à ces sons pourrait également favoriser une sensibilité accrue aux sons forts ainsi que des acouphènes. Mais ces hypothèses ne sont pas encore confirmées scientifiquement.
Tant qu’il n’existe pas de label garantissant un son moins compressé, vous devrez prendre quelques mesures de bon sens :
- pensez à diminuer le volume de votre casque audio ou de votre enceinte.
- vous pourriez aussi choisir de la musique « haute fidélité »(exemple : SACD, DSD ou des musiques Hi-Res), mais cela ne garantit toutefois pas qu’il n’y ait aucune compression.
- l’utilisation d’un casque d’écoute à réduction active du bruit peut aussi favoriser l’écoute à bas niveaux.
- vous pourriez aussi réapprendre à votre oreille en pratiquant un instrument de musique acoustique ou le chant dans une chorale.
- à moins que vous ne préfériez réhabiliter votre bon vieux lecteur de vinyle. Il en existe des modèles modernisés.
f. Sur la dépendance
Pour vivre une vie riche et épanouie, il est nécessaire de développer des compétences variées (langues, lecture, documentaires, visites de musées, cuisine, couture, jardinage ou bricolage). Même apprécier la musique à sa juste valeur demande du temps et un certain apprentissage.
La musique est bénéfique, mais lorsqu’elle est principalement consommée via des écrans (vidéos, réseaux sociaux, télévision ou réalité virtuelle), elle peut contribuer à un usage excessif de ces écrans au détriment d’autres activités et apprentissages.

Une analyse de 27 études a montré qu’un temps d’écran excessif chez l’enfant est associé à des effets négatifs sur le développement de l’attention, le langage, la mémoire, la motricité, le sommeil, l’activité physique ainsi qu’à des difficultés sociales et émotionnelles23.
Et l’on sait que des enfants qui rencontrent des problèmes socio-émotionnels sont plus susceptibles de se tourner vers les écrans, créant ainsi un cercle vicieux.
Bien que la dépendance à la musique ne soit pas reconnue comme un trouble mental, certaines personnes peuvent développer une écoute excessive et compulsive, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’un usage prolongé des écrans.
Comme toute activité, l’écoute de la musique reste bénéfique lorsqu’elle est pratiquée avec modération.
g. Sur la consommation de substances
Selon une étude de 201524, 43 % des 143 personnes recevant un traitement pour un trouble lié à la consommation de substances ont associé un type de musique spécifique à un plus grand désir de consommer des substances.
Pour certaines personnes, le fait de consommer certains produits comme l’alcool ou l’ecstasy améliorerait leur expérience de la musique.

Dans le même temps, la plupart des participants à l’étude ont également déclaré que la musique avait joué un rôle important dans leur rétablissement.
Le saviez-vous ?
Si vous vous sentez attiré par un type de musique spécifique qui déclenche également un désir de consommer des substances problématiques pour votre santé, envisagez d’examiner de plus près ce lien et si besoin recherchez de l’aide auprès d’un psychologue expert en TCC ou de séances de musicothérapie.
3. Quels sont les effets positifs de la musique ?
Il est important de noter que ces effets négatifs ne concernent pas tout le monde, et que la musique peut au contraire avoir de nombreux effets positifs sur le cerveau et les émotions.
Certaines chansons peuvent raviver des souvenirs marquants, comme votre premier amour ou l’insouciance d’une scène de vacances, mais aussi des événements plus douloureux, pouvant provoquer de la tristesse ou de la mélancolie.
a. Sur la mémoire verbale, la concentration et l’apprentissage
N’avez-vous jamais eu des souvenirs qui revenaient au moment d’écouter certaines chansons particulières ?
La musique agirait comme un super stimulateur qui activerait de larges zones du cerveau, dont en particulier celles en charge de l’émotion, du mouvement et de la mémoire. Elle serait même plus puissante que les photos pour faire ressurgir des souvenirs personnels !

D’après une étude réalisée en 2003 par des chercheurs de Hong-Kong21, les jeunes ayant suivi une formation musicale auraient une meilleure mémoire verbale que ceux ne l’ayant pas suivi, et ce d’autant plus que leur formation aurait été longue.
La densité de neurones des hippocampes du cerveau est augmentée chez les musiciens et cette augmentation est corrélée avec le nombre d’années de pratique de la musique58, 59. Et l’entraînement musical modulerait la synchronisation corticale des réseaux neuronaux impliqués dans la formation de la mémoire verbale26.
La musique est aussi utilisée dans l’apprentissage, notamment chez les enfants qui apprennent en chantant, car elle mobilise simultanément la mémoire, l’attention, la motricité et les émotions, la multi sensorialité renforçant la mémorisation.
En revanche, écouter de la musique pendant une tâche d’étude a des effets variables selon les individus : cela peut être bénéfique, neutre ou négatif27, ce qui explique les différences de préférence entre étudiants.
b. Sur la performance en arithmétique
Les résultats de 55 études combinées s’étalant de 1975 à 2022, menées dans le monde entier, impliquant 78 000 jeunes de la maternelle jusqu’aux étudiants d’université28, indiquent que la musique aide davantage à l’apprentissage de l’arithmétique que d’autres types de mathématiques.
Elle aurait un impact plus important sur les élèves plus jeunes et ceux qui apprennent des concepts mathématiques plus basiques.

Il a ainsi été démontré que la musique a des effets calmants auprès d’enfants hyperactifs, et accroît leurs performances en mathématiques.
c. Sur les personnes malades
La musique est utilisée comme soutien thérapeutique, notamment chez les personnes atteintes de troubles de la mémoire comme la maladie d’Alzheimer.
Nombre d’études mettent en évidence les bénéfices des ateliers musicaux qui permettent souvent de réduire l’anxiété et la dépression, d’améliorer l’humeur, la communication et l’autonomie des patients.
La musique active de larges zones cérébrales dans les deux hémisphères, ce qui peut compenser certaines régions endommagées. Elle stimule aussi la dopamine, impliquée dans le plaisir, la motivation et les émotions.
Même si elle ne guérit pas, elle peut réactiver certaines capacités : les patients peuvent, par exemple, apprendre de nouvelles mélodies et les reproduire, même sans retenir les paroles²⁹.
Des musiques mélodieuses, enjouées et familières favorisent également une communication plus fluide, plus riche, moins hésitante, en stimulant les régions frontales du cerveau souvent préservées. Elles encouragent ainsi la prise de parole et soutiennent les fonctions langagières.

La musique est aussi utilisée dans d’autres contextes thérapeutiques : réduction de l’anxiété chez certains patients atteints de cancer, ralentissement du déclin cognitif chez les seniors ou complément thérapeutique pour les personnes atteintes de Parkinson30.
Elle peut également améliorer la lecture chez certains enfants dyslexiques (environ 60 % des cas) et faciliter la rééducation du langage après un AVC31.
Enfin, certaines recherches sur « l’effet Mozart »32 montrent que l’écoute régulière de la sonate K44833 pourrait réduire la fréquence des crises d’épilepsie et les pointes épileptiques, même si les mécanismes restent complexes et encore discutés. On peut retirer des 25 études les plus sérieuses sur le sujet :
- Moyenne de la réduction de la fréquence des crises d’un tiers, et une réduction de 80% des pointes épileptiques chez les patients34. Une exposition de 30 secondes minimum est nécessaire pour avoir un impact significatif35.
- Les recherches suggèrent que la réponse à K448 est plus complexe que les théories liées au système de récompense à la dopamine. La sonate de Mozart fonctionne sur des animaux, sur des patients qui dorment, et sur des patients dans le coma36.
De plus, la musique, notamment lente, peut aussi réduire l’anxiété, la douleur et la durée de certaines procédures médicales comme la coloscopie37.
d. Sur la médecine douce
La musique permettrait de réduire de plus de 50 % l’usage médicamenteux, pour peu que l’on se base sur la personnalisation d’une liste pour la personne en particulier. Cette personne pourrait alors se concentrer sur la sensation de plaisir et détourner sa conscience de la douleur.

Comme nous l’avons vu précédemment, les musiciens seraient aussi moins susceptibles d’être atteints de la maladie d’Alzheimer, car leur hippocampe serait hypertrophié et cette zone du cerveau est connue pour continuer de produire de nouveaux neurones tout au long de la vie.
D’autant que la pratique d’un instrument régulier serait bénéfique à tout âge : il ne serait donc jamais trop tard pour commencer !
Selon plusieurs études38, l’écoute de la musique de Mozart chez le rat brun réduirait l’hypertension artérielle et augmenterait la production de dopamine. Cela contribuerait à une meilleure santé cardiovasculaire. Cela semble corroborer certaines études39 faites chez les jeunes adultes pré-hypertendus qui auraient ainsi amélioré leur pression sanguine après avoir écouté chaque jour 25 minutes de musique pendant 4 semaines.
Et comme nous l’avons vu précédemment, la musique que nous aimons libère de la dopamine qui a une action euphorisante, comme peut l’avoir le chocolat ou les sports extrêmes.
e. Sur la créativité
La œuvres musicales peuvent évoquer des émotions, des souvenirs et réduire le stress ou l’anxiété. Écoutée à faible volume40 (~50 dB), elle améliorerait les tâches créatives, tandis qu’un bruit élevé (~85 dB) les diminuerait⁴⁰.

La musique instrumentale favorise la créativité grâce à l’éveil émotionnel, la préférence musicale et la restauration psychologique. Cette étude41 montre que ce ne sont pas uniquement les musiques positives qui stimulent la créativité.
Enfin, la recherche sur l’errance mentale suggère que la musique joyeuse peut aider à maintenir l’attention en contexte éducatif et limiter les pensées répétitives associées à la dépression.
Tandis que la musique triste, en favorisant davantage l’errance mentale, pourrait soutenir la créativité, la prise de décision et la cognition sociale chez des personnes en bonne santé3,4.
f. Sur l’anxiété et la dépression
Elle nous déstresse : boule au ventre, appréhension… Pour se détendre, rien de mieux que d’écouter un peu de musique !
La musique nous aide à réduire le stress et favoriser la détente en influençant les hormones liées au bien-être et en diminuant celles associées au stress.

Une étude42 sur des patients opérés du cœur montre qu’après 30 minutes d’écoute de musique douce, leur niveau de cortisol (hormone du stress) et leur anxiété diminuent, mais ces effets sont temporaires et disparaissent après 30 minutes.
La musicothérapie pourrait également aider les personnes souffrant de troubles anxieux43, en améliorant l’autonomie et la qualité de vie grâce à des approches actives ou réceptives. Elle peut aussi réduire les symptômes de la dépression44.
g. Sur le sommeil et la relaxation
La musique douce a des effets apaisants à tous les âges.
Qui n’a pas chanté une berceuse à un enfant pour l’aider à s’endormir ?
Les chansons douces ont la vertu de favoriser l’endormissement et d’aider à la relaxation. Les morceaux utilisés sont souvent personnels, avec un tempo lent (60 à 80 battements par minute), une faible intensité et peu de variations46.

La qualité du sommeil s’est aussi retrouvée améliorée chez les adultes entre 60 et 83 ans47 ainsi que chez les étudiants universitaires48.
La musique est aussi utilisée dans des activités comme le yoga ou le Pilates, où elle aide à se détendre, à lâcher prise et à prendre du recul49.
h. Sur le sport
La musique peut améliorer la performance sportive en augmentant la stimulation, surtout lorsqu’elle est rythmée et rapide50.
Une étude de Nancy Becker et ses collègues51 montre que l’écoute de musique pendant l’effort augmente la distance parcourue chez les enfants, adultes et seniors, sauf chez les personnes âgées lors de certaines conditions. Le rythme musical préparerait le corps à l’effort et à la résistance.

Une musique rapide peut aussi augmenter la vitesse des athlètes49 et l’intensité de l’exercice en stimulant le système nerveux, avec une hausse du rythme cardiaque et de la respiration proportionnelle au tempo.
Elle peut également réduire la perception de l’effort, permettant de s’entraîner plus longtemps et plus intensément avec l’impression que l’exercice est plus facile52. Elle nous ferait ainsi oublier notre état de fatigue et cela retarderait le moment où nous ralentissons notre cadence.
Enfin, la musique joue aussi un rôle motivationnel avant et pendant l’activité physique, en facilitant la préparation mentale et la persévérance.
i. Sur les relations de coopération
La musique d’ambiance peut favoriser les interactions sociales et la coopération, notamment chez les enfants en âge préscolaire, qui ont tendance à davantage communiquer et jouer ensemble53.
Chez les adultes, une musique positive au travail peut améliorer les comportements coopératifs et agir comme un « lubrifiant social »14. À l’inverse, une musique triste peut influencer négativement l’humeur.

Et que penser des différents types de musique ?
Une étude de Fried et Berkowitz45 montre aussi que l’écoute de musique calme augmente de 50% la probabilité d’aider une personne, tandis qu’une musique désagréable la diminue, la musique stimulante n’ayant pas d’effet significatif.
j. Sur les sensations fortes
La musique peut nous procurer de réelles sensation physiologiques.
Quand vient notre morceau préféré, nos poils peuvent se hérisser, les larmes nous monter aux yeux, ou notre rythme cardiaque s’accélérer et un frisson nous parcourir… Les 50 expériences psychophysiologiques de l’étude de Gabrielsson54, rapportent la survenue chez 24 % de larmes, chez 10 % des frissons et chez 5 % de la chair de poule.

Les changements d’harmonie, les crescendos puissants ou encore certaines séquences mélodiques seraient plus propices à provoquer de l’émotion.
k. Sur l’estime de soi
La participation à des activités musicales en EMS, comme le chant ou l’apprentissage d’un instrument, renforce la confiance et l’estime de soi.
Elle apporte de la nouveauté au quotidien, favorise les relations sociales et encourage les échanges avec les autres résidents et les musiciens.
Les spectacles en direct sont particulièrement appréciés. Cette étude55 suggère que les résidents apprécient la musique et que les interventions basées sur la musique jouent un rôle important et direct dans l’amélioration de leur bien-être.
l. Sur l’amitié et le sentiment d’appartenance
La musique favorise les liens sociaux en créant des expériences et des intérêts partagés. Le partage des goûts musicaux peut renforcer les amitiés et contribuer à la construction de l’identité sociale, notamment chez les jeunes56.

La participation à des activités musicales collectives, comme un orchestre ou une chorale, développe la prise de conscience de ses points forts, la coopération, et le travail en équipe.
Elle renforce également le sentiment d’appartenance au groupe, favorise l’expressivité, leur tolérance, et peut stimuler la motivation pour l’apprentissage des langues57.
4. Comment utiliser la musique dans votre quotidien ?
Pour réduire l’effet du stress :
- Choisissez des morceaux qui vous apaisent : même si la musique classique, le jazz doux ou les sons de la nature sont souvent recommandés pour s’apaiser, privilégiez la musique qui vous plaît vraiment et vous aide à vous sentir bien.
- Intégrez la musique dans votre quotidien pour réduire le stress : profitez des moments de détente, comme les pauses au travail ou avant de dormir, pour écouter de la musique.
- Pratiquez l’écoute active de la musique : focalisez-vous sur chaque instrument et chaque note. Cette attention détaillée est une forme de pleine conscience qui peut renforcer l’effet bénéfique de la musique sur votre humeur.
- Associez musique et relaxation : utilisez une musique de fond douce lors de vos pratiques de relaxation telles que le yoga ou la méditation.
Pour améliorer sa mémorisation :
- Utilisez une musique familière et prévisible : le rythme aide à structurer l’information, ce qui facilite la mémorisation et la récupération des données. Il a été trouvé qu’avec une musique familière et prévisible, les participants apprenaient et mémorisaient les séquences de formes plus rapidement.
En revanche, une musique familière mais irrégulière rendait l’apprentissage plus difficile pour eux60.
Pour réduire la douleur en cas d’épilepsie résistante aux médicaments :
- Écoute quotidienne de la sonate K448 de Mozart : pour voir si vous aussi vous pourriez réduire la fréquence des crises et leur intensité.
Pour améliorer votre créativité :
- Écouter une musique instrumentale en tâche de fond (maximum 50dB) : positive ou négative, à vous de tâcher de découvrir si cela vous réussi.
Pour améliorer la qualité et le temps de sommeil :
- Écouter de la musique à un tempo relativement lent (60 à 80 battements par minutes), une faible amplitude et des changements relativement faibles ou lents.
Pour un soutien sportif :
- Utilisez une musique énergétique et rythmée : plus rapide, elle fera augmenter vos paramètres physiologiques. Vous serez plus motivé et tiendrez plus longtemps.
Pour une meilleure ambiance au travail :
- Celle-ci doit être en tâche de fond et à connotation positive pour fluidifier les interactions sociales, sans musique trop adorée ou détestée pour ne pas détourner l’attention.
5. En bref
La musique est bien plus qu’un simple son : c’est un langage universel qui touche chaque être humain.
Elle peut servir de moyen de communication, d’expression des émotions ou encore pour vibrer tous ensemble.
Longtemps sous-estimée, la recherche a mis en évidence ses nombreux effets sur l’humeur, les émotions, le sommeil, la mémoire, les relations sociales et le bien-être.
Source de plaisir et de bienfaits, la musique mérite toutefois une écoute raisonnée afin de préserver notre audition.
Pour être sûr(e) que tout va bien, découvrez comment un bilan auditif gratuit et indolore peut vous aider à protéger votre audition.
Et pour un accompagnement personnalisé et bienveillant dans votre santé auditive liée à l’écoute musicale ou aux bruits forts, découvrez pourquoi choisir un centre auditif indépendant en Suisse.
Et comme vous avez aussi pu lire dans cet article certains cas où elle pourrait être mal utilisée : faites donc attention au volume, et protégez-vous correctement les oreilles pour conserver une vie plus active et joyeuse !

Comment agir ?
- Contrôler le volume et la durée : appliquer la règle des 60/60, faire des pauses, utiliser des casques isolants ou bouchons de protections spécial musique.
- Adapter la musique à l’objectif : douce pour relaxation et sommeil, rythmée pour sport, instrumentale pour concentration et créativité.
- Pratiquer l’écoute active : se concentrer sur chaque instrument et note pour maximiser les effets positifs sur l’humeur et la mémoire.
- Surveiller les effets négatifs : fatigue auditive, stress, anxiété ou humeur perturbée doivent alerter et amener à ajuster la musique.
- Exploiter la musique thérapeutique : playlists personnalisées ou morceaux spécifiques (ex. Mozart K448) pour réduire douleur, stress ou crises épileptiques.
Avertissement : Ce résumé est informatif et à visée éducative. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.
Études scientifiques citées dans cet article pour référence :
- Capacité de traitement temporel des durées courtes chez l’enfant entre 1 & 4 ans. Anne Bobin-Bègue (2006)
2. Auditory Development in the Fetus and Infant. Stanley Norman Graven et Joy Browne (2008)
3. Effects of Sad and Happy Music on Mind-Wandering and the Default Mode Network. Liila Taruffi et al. (2017)
4. Inspired by distraction: mind wandering facilitates creative incubation. Baird, B. et al. (2012)
5. Letting go of the present: mind-wandering is associated with reduced delay discounting. J. Smallwood et al. (2013)
6. Evidence for the default network’s role in spontaneous cognition. Jessica R Andrews-Hanna et al. (2010)
7. When the brain takes a break: a model-based analysis of mind wandering. Matthias Mittner et al. (2014)
8. Emotional responses to music: the need to consider underlying mechanisms. Patrick N. Juslin et Daniel Västfjäll (2008).
9. Interactions between the nucleus accumbens and auditory cortices predict music reward value. Valorie N. Salimpoor et al. (2013).
10. Mapping aesthetic musical emotions in the brain. Wiebke Trost et al. (2012)
11. Functional centrality of amygdala, striatum and hypothalamus in a “small-world” network underlying joy: an fMRI study with music. Stefan Koelsch, Stavros Skouras (2014)
12. A penny for your thoughts: dimensions of self-generated thought content and relationships with individual differences in emotional wellbeing. Jessica R Andrews-Hanna et al. (2013)
13. The resting state questionnaire: an introspective questionnaire for evaluation of inner experience during the conscious resting state. Pascal Delamillieure et al. (2010)
14. Effects of background music on concentration of workers. Rong-Hwa Huang et Yi-Nuo Shih (2011)
15. Noise-Induced Hearing Loss: Overview and Future Prospects for Research on Oxidative Stress. Tsubasa Kitaa et al. (2025)
16. Hearing acuity in young people exposed to pop music and other noise. D.R. Hanson et R.W. Fearn (1975)
17. Depression Symptoms are Linked to Music Use. Sai Charan Kanagala (2021)
18. Group Rumination: Social Interactions Around Music in People with Depression. Sandra Garrido (2017)
19.Analysis and research on the influence of music on students’ mental health under the background of deep learning. Tyanying Wang et al. (2022)
20. Exposure to degrading versus nondegrading music lyrics and sexual behavior among youth. Stephen C. Martino (2006)
21. Sounds like a healthy retail atmospheric strategy: Effects of ambient music and background noise on food sales. Dipayan Biswas (2017)
22. Auditory changes in awake guinea pigs exposed to overcompressed music. Paul Avan et al. (2024)
23. The impact of screen time on child and adolescent development: a review. Priyanka Goswami et Vrajana Parekh (2023)
24. The influence of music on emotions and cravings in clients in addiction treatment: A study of two clinical samples. Geneviève A. Dingle et al. 2015
25. Music training improves verbal but not visual memory: cross-sectional and longitudinal explorations in children. Yim-Chi Ho et al. (2003)
26. Music training is associated with cortical synchronization reflected in EEG coherence during verbal memory encoding. Mei-Chun Cheug et al. (2017)
27. The Effect of Listening to Music While Studying on Memory Retention. Nader Aashraf et al. (2019)
28. Combining maths with music leads to higher scores, suggests review of 50 years of research. Simon Wesson et Ayca Akin (2023)
29. The promise of music therapy for Alzheimer’s disease: A review. Anna Maria Matziorinis et al. (2022)
30. Music Therapy and Parkinson’s Disease: A Systematic Review from 2015–2020. Manuel Joaquin Machado Sotomayor et al. (2020)
31. Music listening after stroke: beneficial effects and potential neural mechanisms. Teppo Särkämö et David Soto (2012)
32. The “Mozart effect” on epileptiform activity. J.R. Hughes et al. (1998)
33. Mozart k.545 mimics mozart k.448 in reducing epileptiform discharges in epileptic children. Lung-Chang Lin et Al. (2012)
34. Wired for sound: The effect of sound on the epileptic brain. Melissa Jane Maguire (2022)
35. Musical components important for the Mozart K448 effect in epilepsy. Robert J. Quon et al. (2021)
36. Is there a chronic change of the “Mozart effect” on epileptiform activity? A case study. J.R. Hughes et al. (1999)
37. Effect of music on procedure time and sedation during colonoscopy: A meta-analysis. Wilson WS Tam et al. (2008)
38. The effect of Mozart’s classical music on blood pressure in Wistar white rats. Rivans Jackson Tandirerung et al. (2023)
39. The effect of music on hypertensive patients. X.F. Teng et al. (2007)
40. Is Noise Always Bad? Exploring the Effects of Ambient Noise on Creative Cognition. Ravi Mhta et al. (2012)
41. The dual effect of background music on creativity: perspectives of music preference and cognitive interference. Xinyao Xiao et al. (2023)
42. The effect of music intervention in stress response to cardiac surgery in a randomized clinical trial. Ulrica Nilsson (2008)
43. The effects of music & auditory beat stimulation on anxiety: A randomized clinical trial. Adiel Mallik et Frank A. Russo (2022)
44. Effects of music therapy on anxiety and depression symptoms in adults diagnosed with mental disorders: a systematic review. Aline Raquel de Sousa Ibiapina et Luís Carlos Lopes-Júnior (2022)
45. Music Hath Charms … And Can Influence Helpfulness. Rona Fried et Leonard Berkowitz (1979)
46. The music that helps people sleep and the reasons they believe it works: A mixed methods analysis of online survey reports. Tabhita Trahan et al. (2018)
47. Music improves sleep quality in older adults. Hui-ling Lai et Marion Good (2005)
48. Effect of sleep ambient music on sleep quality and mental health in college students: a self-controlled study. Shun-Ping Hu et al. (2023)
49. Music in the exercise domain: a review and synthesis. Costas I Karageorghis et David-Lee Priest (2011)
50. Effects of Music in Exercise and Sport: A Meta-Analytic Review. Peter C. Terry et al. (2019)
51. Mellow and Frenetic Antecedent Music during Athletic Performance of Children, Adults, and Seniors. Nancy Becker et al. (1994)
52. Effects of Music on Perceptual and Affective Responses to Exercise. Luke Haile (2014)
53. Influence of Background Music on Preschoolers’ Behavior: A Naturalistic Approach. Maria Regina C.S. Godeli et al. (1996)
54. How do strong experiences with music relate to experiences in everyday listening to music? Alf Gabrielsson (2011)
55. Art for Ages: The Effects of Group Music Making on the Wellbeing of Nursing Home Residents. Paolo Paolantonio et al. (2020)
56. Music as social bonding: A cross-cultural perspective. Ivan Yilan Zou et William S.Y. Wang (2021)
57. A Music-Mediated Language Learning Experience: Students’ Awareness of Their Socio-Emotional Skills. Esther Cores-Bilbao (2019)
58. When music and long-term memory interact: effects of musical expertise on functional and structural plasticity in the hippocampus. M. Groussard M et Al. (2010).
59. The effects of musical practice on structural plasticity: the dynamics of grey matter changes. M. Groussard et Al. (2014)
60. Visual sequence encoding is modulated by music schematic structure and familiarity. Yiren Ren et Al. (2024)


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